DPE 2027 : une nouvelle modification du calcul va favoriser les logements chauffés à l’électricité
2/9/20264 min read


Le Diagnostic de Performance Énergétique va connaître une nouvelle évolution au 1er janvier 2027. Après une première modification entrée en vigueur début 2026, le Gouvernement a décidé d'abaisser une nouvelle fois le coefficient utilisé pour convertir la consommation d'électricité en énergie primaire.
Cette modification pourra entraîner une amélioration de la classe énergétique de nombreux logements utilisant l'électricité, sans qu'aucun travaux ne soit nécessaire.
Le coefficient de l’électricité passera de 1,9 à 1,7
Le DPE ne prend pas uniquement en compte l'énergie réellement consommée dans le logement. Pour déterminer la consommation conventionnelle exprimée en énergie primaire, un coefficient spécifique est appliqué à chaque énergie.
Pour l'électricité, ce coefficient était encore de 2,3 jusqu'au 31 décembre 2025. Il a été ramené à 1,9 au 1er janvier 2026.
Une nouvelle étape est désormais actée : à compter du 1er janvier 2027, le coefficient de conversion de l'électricité passera de 1,9 à 1,7. Cette évolution est prévue par l'arrêté du 19 août 2026 publié au Journal officiel.
Concrètement, à caractéristiques identiques, la consommation d'énergie primaire calculée pour un équipement électrique sera moins élevée qu'auparavant.
Pourquoi le calcul du DPE évolue-t-il à nouveau ?
Le coefficient appliqué à l'électricité a historiquement été plus important que celui appliqué au gaz ou au fioul, notamment afin de prendre en compte les pertes liées à la production et à l'acheminement de l'électricité.
Les pouvoirs publics souhaitent désormais mieux tenir compte de l'évolution du mix électrique français et favoriser l'électrification des usages, notamment le remplacement des chaudières fonctionnant aux énergies fossiles par des systèmes électriques performants tels que les pompes à chaleur.
Cette réforme intervient seulement un an après le passage du coefficient de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026.
Quels logements seront principalement concernés ?
Les logements utilisant fortement l'électricité seront logiquement les premiers concernés :
logements chauffés avec des radiateurs électriques ;
logements équipés d'une pompe à chaleur ;
logements dont la production d'eau chaude sanitaire est électrique ;
logements entièrement électriques.
Tous les logements utilisent néanmoins une certaine quantité d'électricité, notamment pour l'éclairage et les auxiliaires. La diminution du coefficient peut donc avoir un effet sur la consommation conventionnelle calculée de nombreux biens, mais son impact sera beaucoup plus important lorsque le chauffage et l'eau chaude sanitaire fonctionnent à l'électricité.
Aucun logement ne verra son classement se dégrader du seul fait de cette réforme.
Une meilleure étiquette DPE sans amélioration physique du logement ?
C'est l'une des particularités de cette réforme.
Un logement pourra éventuellement passer, par exemple, d'une classe F à E, ou d'une classe E à D, alors qu'aucun travaux d'isolation ou changement d'équipement n'aura été réalisé.
Il faut donc bien distinguer deux éléments :
la performance conventionnelle affichée par le DPE et les caractéristiques physiques réelles du logement.
La modification du coefficient ne renforce pas l'isolation des murs, ne remplace pas les fenêtres et ne diminue pas directement les besoins de chauffage. Elle modifie la manière dont l'électricité est prise en compte dans le calcul réglementaire.
Une amélioration de l'étiquette ne signifie donc pas automatiquement que la facture énergétique réelle du logement va diminuer.
Faut-il refaire son DPE en 2027 ?
Dans la majorité des cas, non.
Les DPE et audits énergétiques réalisés avant le 1er janvier 2027 et toujours en cours de validité resteront valables.
À partir du 1er janvier 2027, les propriétaires concernés pourront obtenir gratuitement une attestation de nouvelle étiquette énergétique depuis l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME.
Il ne sera donc pas nécessaire de faire revenir un diagnostiqueur uniquement pour appliquer le nouveau coefficient.
Les nouveaux DPE établis à partir du 1er janvier 2027 intégreront automatiquement le coefficient de 1,7.
Quelles conséquences pour les propriétaires et les bailleurs ?
Cette évolution est particulièrement importante pour les propriétaires de logements chauffés à l'électricité actuellement situés à proximité d'un changement de classe énergétique.
Dans certains cas, une amélioration de l'étiquette pourra modifier la situation réglementaire d'un logement classé parmi les passoires énergétiques F ou G.
L'enjeu est important pour le marché locatif puisque les logements classés G sont progressivement concernés par les restrictions de mise en location applicables depuis 2025, avant l'extension prévue aux logements classés F.
Il reste toutefois important de ne pas se limiter à la lettre du DPE. Un logement peut bénéficier d'une meilleure classe réglementaire tout en conservant des défauts d'isolation ou des équipements énergivores.
Quel impact lors d'un remplacement de chaudière par une pompe à chaleur ?
La réforme devrait également renforcer l'intérêt du remplacement d'une chaudière gaz ou fioul par une pompe à chaleur dans le calcul du DPE.
La diminution du coefficient appliqué à l'électricité permet en effet de valoriser davantage les systèmes électriques performants dans le calcul énergétique du logement.
Selon le ministère de la Transition écologique, l'un des objectifs de cette évolution est précisément de favoriser le remplacement des équipements utilisant des énergies fossiles par des solutions électriques plus performantes.
Cela ne signifie cependant pas qu'une pompe à chaleur soit systématiquement la solution adaptée à chaque logement. Son efficacité dépend notamment de l'isolation du bâtiment, de son système de distribution de chauffage, de son dimensionnement et des caractéristiques du bien.
Le DPE continue d'évoluer
Le DPE est devenu un élément déterminant lors d'une vente, d'une location ou d'un projet de rénovation énergétique.
Après la réforme du DPE de 2021, l'adaptation des seuils pour les logements de moins de 40 m² en 2024 et les modifications du coefficient de l'électricité en 2026 puis en 2027, sa méthode de calcul continue d'évoluer afin de s'adapter aux orientations de la politique énergétique française.
Pour les propriétaires, vendeurs et bailleurs, il est donc important de vérifier régulièrement si les évolutions réglementaires peuvent avoir une incidence sur le classement énergétique de leur bien.
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